RN : le droit ou la rue ? Les deux !
Publié le Par Fabrice Bluszez

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"Sauvons la démocratie"... Mais la démocratie se porte bien et, justement, pour sauver sa candidature à l'élection présidentielle 2027, Marine Le Pen va tenter d'agir sur deux leviers : la rue avec une manifestation dimanche... Et le droit...
Devenue inéligible pour cinq ans suite à sa condamnation pour détournement de fonds publics, Marine Le Pen, leader du Rassemblement national, réagit. Sur différents fronts, si l'on peut dire...
Casser l'inéligibilité
D'abord, bien entendu, elle fera appel de la condamnation : un autre jugement pourrait la déclarer innocente... Au vu du dossier, avec 23 autres mis en examen, ce n'est pas gagné.
Le souci principal concerne l'élection présidentielle de 2027 : Marine Le Pen a été déclarée inéligible, avec exécution provisoire, et l'appel ne suspend pas cette mesure. La voilà privée d'élection. Au Rassemblement national, on tempête contre ce "gouvernement des juges" (comprenez : de gauche) qui "prive le pays" d'une voix essentielle...
Cela dit, c'est la loi. Elle a été votée par le Parlement. Deux idées : changer la loi (rapidement) ou aller en cour d'appel avant l'élection, en espérant que la sentence soit différente.
Changer la loi
L'exécution provisoire, c'est bien embêtant... Et le seul moyen de revenir sur le texte est le Conseil constitutionnel, que Marine Le Pen entend saisir par le biais d'une "question prioritaire de constitutionnalité". L'inéligibilité des élus coupables de détournement de fonds publics avec exécution provisoire, sans attendre la cour d'appel, s'oppose-t-elle au droit des électeurs ? Et si les électeurs voulaient, eux, réélire un représentant, avec l'espoir qu'il soit innocenté ? A l'inverse, on peut aussi se demander s'il est possible que cette personne ne remette pas ses mains dans les caisses... Le Conseil constitutionnel tranchera.
La Cour européenne des Droits de l'homme aussi pourrait être saisie, a annoncé Marine Le Pen...
Aller plus vite en appel
Pour la cour d'appel, deuxième chance de la patronne du RN, on parle d'un nouveau jugement "avant l'été 2026". Il ne serait pas impossible, compte tenu de l'enjeu de l'élection, d'accélérer une procédure souvent longue. Pourquoi spécialement pour elle ? Parce que le RN se dit "premier parti de France" et à cause du "trouble" qu'a créé le jugement", avance Marine Le Pen, propos relevé par Le Figaro. Un mot, "trouble", utilisé aussi par le Premier ministre, François Bayrou, signale Le Parisien. Ce qui l'ennuie ? « Que des décisions lourdes et graves ne sont pas susceptibles de recours ».
La pression de la rue
Trouble... ou trouble à l'ordre public ? Que nenni, avance le Rassemblement national qui organise dimanche 6 avril une manifestation "populaire et pacifique" dans Paris, à 15 heures, place Vauban derrière l'hôtel des Invalides, note TF1. Marine Le Pen et Jordan Bardella, président du RN, seraient sur place. On a évoqué ailleurs (plus à droite, semble-t-il) une manifestation samedi devant les tribunaux et palais de justice dans toute la France...
Les écologistes aussi entendent manifester ce dimanche 6 avril. Contre l'extrême droite et pour défendre l'Etat de droit, dit Marine Tondelier sur Twitter.
Déjà en 2013
Dans une émission de la chaîne PublicSénat, le 3 avril 2013, Marine Le Pen évoquait le problème de la condamnation des élus, évoquant "l'inéligibilité à vie"...